Local Time

mardi 2 décembre 2008

Altika

Une aventure en quelques lignes...

  • Une dizaine d’années pour mûrir, préparer, concrétiser le projet
  • 3 ½ ans entre le début de construction de la coque et la livraison du bateau
  • 6 mois d’attente(s) et de mise(s) au point avant le grand départ
  • Une année de voyage sur l’eau
  • Un arrêt prématuré, non voulu, non planifié
Le voyage
  • Environ 2500 milles nautiques parcourus
  • Des problèmes rencontrés lors de la plupart des navigations
  • Beaucoup trop de temps passé au port
  • Un changement radical de parcours à mi-chemin, suite aux problèmes rencontrés
  • 2 bassins de navigation : Atlantique et Méditerranée
  • 2 continents : Europe et Afrique
  • 4 pays : France, Espagne, Portugal et Maroc ainsi que le territoire de Gibraltar
  • 6 îles : Yeu (F), Formentera, Espalmador, Ibiza et Mallorca (E), Frioul (F)
  • des nuits (et des jours) passés dans 17 marinas ou ports différents
  • des nuits (et des jours) passés dans 20 mouillages différents
  • 15 nuits passées en navigation
  • Le pire moment : la décision forcée d’arrêter le voyage et de retourner à terre
  • Les pires moments : trop long à décrire…
  • Le meilleur moment : trop difficile à choisir…
  • Les meilleurs moments : par chance il y en a quand même eu beaucoup ; et largement assez (ou assez peu) pour nous donner envie de repartir dès que possible !
  • La découverte d’un nouvel univers, d’un nouveau mode de vie, d’un rythme qui nous convient bien
  • La visite de lieux, de sites, de villes, de paysages magnifiques et que nous ne connaissions pas
  • Des rencontres brèves ou plus longues qui nous ont marqués, sur terre et sur mer. Certaines que l’on aimerait pouvoir oublier ; et d’autres qui resteront à jamais gravées dans nos cœurs et dans nos souvenirs
Désormais un nouvel épisode de son «histoire » a commencé pour Altika. Espérons que cet épisode soit le plus bref possible ; et que la vraie aventure, l’aventure sur l’eau, puisse ensuite continuer dans des conditions enfin vivables pour notre bateau comme pour nous !

mardi 25 novembre 2008

Camargue

Mi-novembre. Nous voici donc de retour à Port-Napoléon pendant quelques jours pour les "affaires" du bateau.
Surprise en arrivant : le restaurant est fermé, sous scellés pour quelque raison du style "travail dissimulé et infraction à l'hygiène alimentaire". Rétrospectivement, nous nous félicitons de n'y avoir consommé que des cafés ou des bières !
Le Mistral s'en donne à coeur joie et ne relâchera quasiement pas son emprise jusqu'à notre départ. Il fait beau et la température est bien plus douce qu'en Suisse. Altika est toujours là : c'est bon d'être de retour chez soi, à cette vie simple que nous aimons.
Les pontons se sont bien vidés alors que les terrains à secs sont maintenant très occupés. Parmi les centaines (milliers ?) de bateaux nous repérons par hasard Oury, un Ovni rencontré en été 2007 à Arzal. Pas trace par contre du Sir Ernest des Suisses croisés à Cartagena en juillet dernier. Peut-être est-il dans un autre chantier ? Nous apercevons aussi L'Effet Mer, dont la conception nous semble très proche de celle d'Altika (double safrans, dérives latérales, saumon etc.).
Pour dé-stresser et nous changer les idées, Alex propose une journée de tourisme en Camargue et la visite d'Aigues-Mortes et d'Arles. Avec les couleurs de l'automne, c'est tout simplement magnifique. Cette région est un paradis pour ornithologues (avons pensé à toi, Hugues); nous avons aussi eu le plaisir d'observer quelques loutres se poursuivant en nageant dans les étangs; des cultures de riz; des salins qui ne ressemblent pas à ce que nous avons vu chez notre ami Joël à Guérande. Nous profitons de la balade pour ajouter 2 géocaches à notre palmarès.
Dans ces conditions et malgré nos soucis actuels avec le bateau, nous n'avons pas trop envie de repartir vers la vie terrestre plus au nord.
salin de Camargue
Paysage typique
au centre de l'image : une loutreAigues-Mortesles arènes d'Arles

mercredi 22 octobre 2008

Petit retour en arrière

Les vents lors de la traversée nous ont poussés juste devant Marseille.
Vue depuis Notre-Dame de la Garde
Laissant Altika au charmant port du Frioul, nous avons pris la navette pour visiter la ville (jolie découverte pour moi, alors qu'Alex et Johan y étaient déjà venus... pour le travail), puis profité de nous balader dans les îles et nous baigner encore; nous reposer.
Le port et les îles du Frioul
Nous nous sommes ensuite gentiment dirigés vers l'ouest afin d'arriver à temps pour débarquer Alex et quand même nous arrêter en route.
Le dernier jour nous quittons l'anse du Verdon par tout petits airs (il nous reste une quinzaine de milles à parcourir). Espérant ne pas avoir à terminer notre voyage au moteur, nous finirons par vivre une des navigations les plus exaltantes jusqu'à ce jour : aucun problème technique - c'est si rare qu'il faut bien le mentionner - et la traversée du golfe de Fos à 7-8 noeuds avec des pointes à 10. Nous slalomons entre les gros navires et dépassons un grand voilier qui fonce au moteur. Nous attendrons le dernier moment pour affaler les voiles et nous enfiler dans le canal d'accès à Port-Napoléon : le passage est très étroit et si grâce à notre faible tirant d'eau nous ne risquons pas grand-chose, la prudence reste néanmoins de mise.
Vous avez dit : peu profond ?
Pour nous, l'arrivée à quai est un moment émotionnellement intense, puisqu'elle signifie la fin prématurée et non désirée de notre voyage. Alex nous aide à maintenir le moral des troupes, et nous partons à la découverte des charmes de Port-Saint-Louis-du-Rhône !

mercredi 24 septembre 2008

L'abus d'alcool...

Zut ! En revenant de la douche, je vois sur le ponton le monsieur ivre (que nous avons croisé tout à l'heure) se diriger vers Altika. Toujours un peu mal à l'aise avec les "ivrognes", je n'ai aucune envie de devoir lui faire la conversation...
Encore quelques pas, je ne le vois plus. Peut-être est-il allé chez les voisins ? Encore quelques pas, et je vois Johan qui descend sur le catway et se met à repousser Altika ?!?! Et puis quelques personnes qui sortent de leur bateau ??!!??
Cette fois je m'approche en vitesse: notre homme est "suspendu" accroché des 2 mains à la filière d'Altika et la pointe des pieds en équilibre précaire sur le catway.
Je l'aggripe par un bras, essayant de le ramener en position verticale avant qu'il ne lâche prise. Il est lourd. Johan lâche le bateau et me donne un coup de main.
Une fois debout, le monsieur est tout vacillant... Il s'excuse du dérangement qu'il nous cause (on dirait presque un Suisse !!!) et insiste pour aller chez nos voisins, qui eux ne semblent pas trop pressés de l'accueillir.
Le monsieur décide alors de faire demi-tour. Essayez d'imaginer le tableau : le catway fait tout juste 60 cm de large ! Je n'ose le laisser parcourir les quelques mètres jusqu'au ponton sans le soutenir, je suis sûre qu'il va tomber et -dans l'état où il se trouve- se noyer. Finalement nous arrivons au ponton, dont la largeur permet qu'il se déplace à nouveau seul.
Après 36'000 nouvelles excuses, le monsieur (resté et correct et poli tout du long) s'en va rejoindre la terre ferme puis son bateau.

Les voisins et nous discutons le coup encore quelques minutes (Que serait-il arrivé s'il était venu en pleine nuit alors que tout le monde dormait ? La température de l'eau -dans laquelle il serait forcément tombé- l'aurait-elle déssaoûlé d'un coup ou les conséquences auraient-elles été plus graves -et inaperçues ???). Puis chacun retourne chez soi, il est l'heure... de l'apéro. NON, je voulais dire de souper !
Amis navigateurs, l'abus d'alccol peut être dangereux pour la santé !!!

vendredi 19 septembre 2008

Dernier voyage

Aujourd'hui nous pleurons Frédéric, notre ami du voilier canadien Galaad, décédé au Canada des suites d'un accident survenu il y a quelques jours.
Certaines choses dans la vie sont décidément trop bêtes et impossible à comprendre...

Nous souhaitons à Isabelle force et courage pour commencer une nouvelle vie sans lui. Tu as eu de la chance de l'avoir : on ne rencontre pas tous les jours un homme aussi extra-ordinaire que lui.
A Dieu, Fred !
Galaad à Porto, octobre 2007
http://voiliergalaad.monblogue.branchez-vous.com/

dimanche 14 septembre 2008

Timing

La photo ne rend pas bien la hauteur de la houle. Dommage !
Malgré ce que l'on pourrait croire en lisant le récit de notre dernière traversée (voir l'article dans le Journal de Bord du site principal), nous sommes partis des Baléares pile poil au bon moment.
Allez, un jour plus tôt aurait probablement été mieux (pas de vent dans le nez, ou en tout cas beaucoup moins rapidement que nous l'avons eu).
Par contre si nous avions décidé d'attendre un peu, nous y serions peut-être encore (Serait-ce vraiment grave ? me demanderez-vous... Là-bas au moins il fait encore CHAUD et l'eau est CLAIRE, alors qu'ici nous avons sorti les polaires et les chaussettes en laine...) !
En effet depuis lors il n'y a eu que du vent du nord, qui n'a d'ailleurs fait que se renforcer. Depuis que nous sommes là, il y a Bulletin Météo Spécial sur Bulletin Météo Spécial, dans toute la zone, force 8 à 10. Et je ne vous parle même pas de l'état de la mer.
Nous sommes bien contents d'être au port, où le bateau se fait quand même secouer par les rafales.
Force 5 en arrivant au port : ça va encore !

Traversée

Des Baléares à l'Europe continentale, septembre 2008
On est déjà arrivés ?














4 septembre 2008
Tous les fichiers météo consultés concordent : SW 4-5 pendant 2 jours, puis du NW 4-5 sur la fin du parcours. Un peu de houle annoncée, mais surtout avec ce vent de sud-ouest la perspective d'une traversée assez rapide et agréable. Nous décidons de partir le lendemain matin. 
Le bateau est propre, fin prêt, contrôlé, vérifié; le sac de survie est fermé; des casse-croûtes et de l'eau chaude sont disponibles. 
5 septembre 2008
Le début du voyage est parfait, beau temps, belle mer et le vent qui monte gentiment jusqu'à force 5. Nous prenons un ris dans la grand-voile (= réduire la surface de toile) et Lulu le pilote automatique continue joyeusement à nous emmener là où on lui a dit d'aller. Le système de quarts est mis en place. (voir les explications sur 
Wikipedia
Tout à coup, alarme pilote : le système de barre a lâché - comme devant Culatra il y a 6 mois. Tout le monde est sollicité. Bien que cette fois nous sommes 3, qu'il fait jour, que le vent et les vagues sont maniables et que nous savons exactement ce qu'il faut faire et ce dont nous avons besoin, il faudra tout de même près d'une heure pour que le bateau reprenne sa course normale. Alex a d'ailleurs pu constater, comme nous dans le passé, qu'Altika est quasi impossible à diriger avec un seul safran avec le système de barre actuelle...
En soirée, le vent diminue et nous remettons toute la toile; puis très vite il reprend de la vigueur et nous arisons à nouveau. La houle et les vagues augmentent. Ce sont les joies de la Méditerranée !
22:15, j'effectue une veille tranquille quand j'entends un tapement dans le mât. L'antenne du WaveFinder (système de sécurité en cas d'homme à la mer) s'est arrachée de son support et n'est plus retenue que par le câble électrique. Elle menace de tomber à tout instant. Il faut faire quelque chose. Branle-bas de combat, tout le monde est réveillé.Nous affalons les voiles. En pleine nuit, par force 6 et mer agitée, Alex est à la barre, je suis au winch, et Johan est hissé à 10m dans le mât afin de couper le câble et essayer de sauver le WF. Il est balloté dans tous les sens... En bas comme en haut, c'est une expérience traumatisante... Bilan de l'opération : quelques contusions, la perte du WF pour le reste de la traversée, et des cauchemars. A 23:30 le bateau reprend sa course, grand-voile à 2 ris, mer très agitée. Nous changeons le système de quart : Alex et moi alternons les veilles et Johan reste disponible à tout instant.
6 septembre 2008
Il est presque 3 heures du matin, je me lève pour prendre mon quart. Johan et Alex sont dehors. Au moment où je sors la tête pour leur dire bonjour, un grand bruit d'eau : une vague déferlante de l'arrière se construit juste au niveau de la jupe. Blanche et écumante, elle se lève bien plus haut que le banc de rail d'écoute et tombe sur nous avec un bruit fraccasant. Impressionnant, mais finalement le cockpit reste relativement sec (en tous cas avant la pluie)... je n'ai jamais rien vu de tel jusqu'à ce jour... Le cap est légèrement modifié pour que nous prenions les vagues plutôt sur la hanche. Johan effectue la veille avec moi. Par rapport à la force du vent (force 7 de l'arrière), la mer est grosse et croisée. On doit déjà ressentir la houle du système qui est en train de s'établir au nord du cap Béar.
Au matin les 2 systèmes de houle sont toujours importants mais le vent diminue fortement, et passe au travers. Nous lâchons 1 ris, puis 2; le moteur est mis en route, . Le bateau se traîne à 3 noeuds dans une mer croisée importante : ce n'est pas très confortable. Nous essayons plusieurs combinaisons de voilure et finissons par affaler la grand-voile pour éviter l'usure prématurée.
En début d'après-midi le vent passe d'un coup au nord et forcit rapidement, nous obligeant à prendre successivement 2 ris. Nous voilà navigant au près 24 heures plus tôt que prévu... La vie à bord reste néanmoins confortable, Altika gîte peu et Lulu le pilote fait bien son travail !
21:15, la nuit s'est installée, nous voilà avec un bon 6 dans le nez. Afin de soulager le pilote et équilibrer le bateau, il devient nécessaire de prendre un ris sur le foc. Johan et moi montons à l'avant pendant qu'Alex maintient le bateau face au vent. Sportif ! Le compromis confort de direction du vent et train de vagues nous entraîne en direction du Cap Béar, le dernier endroit où l'on aimerait se trouveravec ce temps-là.
22:50, le vent monte encore, les rafales sont fortes, nous prenons un 3ème ris dans la grand-voile (première fois sur Altika). En même temps nous rattrapons un cargo géant qui se traîne devant notre étrave (à 1,5 noeuds) et nous oblige à changer notre cap dans une mer désagréable. Et tiens, c'est bizarre, la lumière s'est allumée toute seule dans le carré ??? Alarme de pompe de cale, nous dit Alex. En effet il y a une entrée d'eau SALEE quelque part. Jusqu'à la fin de la traversée nous serons obligés de pomper régulièrement pour vider cette eau dont l'origine -autre que la mer- nous restera inconnue.... Pour mémoire, cette alarme visuelle n'a été installée que quelques jours plus tôt par Alex, suite aux défaillances combinées de la pompe de cale électrique ET de l'alarme auditive...
Au loin, des éclairs; le ciel se couvre: il commence à pleuvoir.
La totale !
Mais malgré le vent, la pluie, les grosses vagues qui parfois passent par-dessus la timonerie et arrosent copieusement celui (ou celle) qui fait son quart, le reste de la nuit se passe fort bien, équipage toujours vaillant. Sous voilure réduite, Altika "fonce" vers le continent.
7 septembre 2008
Vers midi- une cinquantaine d'heures après le départ - protégés par la côte, il n'y a presque plus de vagues. Nous hésitons à aller au mouillage. Finalement décision est prise d'un commun accord d'offrir à tout l'équipage un repos bien mérité à l'abri d'un joli petit port. Nous y resterons 3 nuits, avant de partir rejoindre notre destination provisoirement finale.